Un Tour de la Montagne Noire

Quelques semaines sont passées depuis la dernière sortie d'envergure fin mai, mais le temps a été mis à profit pour tracer un nouveau parcours destiné à accueillir une nouvelle fois le PDG de Vélomontagne.fr alias Idris. Il fait le grand honneur au Tarn de déposer ses roues une nouvelle fois dans notre beau département à la recherche de beaux paysages montagneux de préférence. La route que j'ai choisie de suivre est une route qui regroupe en un peu plus de 100km, quasi toutes les facettes de la Montagne Noire à travers son influence continentale et celle plus méditerranéenne. Le temps est chaud voire étouffant depuis quelques jours, ce jour-là on ne parle pas d'accalmie, mais le matin est légèrement plus respirable. Quai gare VielmurGare MazametOn prend le train de 6h45 afin de passer rapidement sur un trajet jusqu'à Mazamet contre le vent et qui n'aurait rien apporté à l'histoire de ce parcours. le vent d'Autan, qui s'est levé l'avant-veille, se renforce en passant Castres. A Mazamet les rafales dans les arbres sont beaucoup plus présentes. En passant par Triby on choisit une montée à l'abri sur presque tout le déroulé. La traversée de Mazamet est calme, et on s'engage sur la "route des usines" tranquillement. Deux ans que je n'avais pas repris cette route, deux ans que je n'avais pas entrepris le "challenge du Pic de Nore". Mais cette fois, en plus, c'est pour la faire découvrir à un cycliste passionné. J'ai profité des jours avant pour me documenter sur l'histoire qui jalonne tout notre tracé afin de ne pas rouler idiot. Je ne pratique pas le vélo pour alimenter un quelconque tableau de chasse, mais bien pour découvrir des coins, contempler les panoramas ou les simples paysages, profiter de l'instant et ressentir la vie passée si intense de nos régions. Que ce soit dans les Pyrénées ou dans le Tarn, les deux coins où j'ai le plus roulé, les vallées ont connu leurs heures de gloire internationale et il est toujours intéressant de découvrir ici ou là des témoins de cette activité. Le vélo est alors le meilleur moyen de locomotion pour prendre le temps et savoir s'arrêter. Bien sûr, avant de prendre la fameuse intersection à gauche pour embrancher sur ce versant, nous aurons pris le temps de découvrir les hameaux qui jalonnent cette portion de route depuis Mazamet, Hautpoul sur les hauteurs, Moulin de l'Oule, etc.... Pied Pic de Nore La montée à Nore comme disent les anciens, se fait sur un bon rythme en moulinant pour ma part et un peu plus en force pour Idris (mais lui il peut!). Les lacets s'enchainent, le début est toujours un peu plus dur que la fin, la portion très à découvert nous offre de bonnes rafales qui commencent à m'inquiéter pour le sommet tant je sais que des records de vent peuvent y être atteints. Hameau Les YesDans le PicOn ne croisera qu'un petit vieux à pied caché sous son coupe-vent orange fluo (on ne pouvait pas le louper lui...). Petit arrêt au niveau du croisement de Triby, et on repart pour la dernière portion. Le vent est présent mais on le ressent moins là, nombreux sont les arbres qui nous abritent. Carrefour du TribyPic de Nore 1Pic de Nore 2Arrive enfin le moment clé: la sortie de la forêt! Apparait enfin le majestueux Pic de Nore et son antenne façon fusée de Tintin... et le vent décide alors de nous épargner sur toute cette portion dégagée. Nous pouvons enfin profiter de ce panorama si spécial! On y restera environ une bonne vingtaine de minutes à contempler les monts et vallons alentours, les Pyrénées se font fugaces aujourd'hui, mais la vue en reste exceptionnelle bien évidemment. Pic de Nore 6Pic de Nore 4Pic de Nore 3Pic de Nore 5La route est encore longue pour mon parcours, et après s'être un peu ravitaillé, il est temps de redescendre. Direction Pradelles-Cabardès tout en profitant de la vue. On bifurque définitivement vers le Cabardès à la sortie du village. Au PicDescente Pic de NorePradelles Cabardes Carrefour PradellesAu loin le PicS'ensuit alors une descente assez longue vers les villages de Labastide-Esparbaïrenque (dont Idris n'a toujours pas digéré le nom), Roquefère et Mas Cabardès. Ces villages ont connu eux aussi des temps d'activité très importante, aujourd'hui c'est essentiellement le tourisme qui les fait vivre et même re-vivre tant les habitants rénovent les murs et maisons de pierre. Les traversées sont vraiment très agréables. Les kilomètres défilent sous nos roues, et on sent bien de ce côté l'influence méditerranéenne, l'air y est plus chaud (légèrement moins agréable à mon gout) et les conifères ont disparu des paysages. Sans nul doute, il sera intéressant d'y revenir en automne pour contempler tous ces chênes et autres châtaigners ornés de feuilles aux couleurs flamboyantes. On entreprend alors la remontée sur les Martys qui s'avèrera assez longue d'une bonne dizaine de kilomètres, mais on se délecte des paysages qui sont magnifiques à chaque virage prononcé.

Labastide E Roquefère 2 Roquefère 1Mas Cabardes Croix de TisserandsLa Croix des Tisserands de Mas Cabardès, témoin du passé de ce village....

Martys 2Montée sur les MartysArrivé en haut, direction à gauche pour rejoindre Laprade, non sans un petit arrêt boisson fraîche à un bar-restaurant de bord de route. Martys 3La partie qu'on attaque en repartant, est du domaine du connu maintenant. On passe Laprade et son lac, puis les toboggans reprennent pour finalement atteindre le Pas du Rieu et quelques mètres plus loin la dernière rampe du col de Fontbruno. Lac de Laprade Pas du Rieu Col de FontbrunoMine de rien, on roule toujours bon train en admirant le panorama qui se détache, on atteint le col et ses 880m. Quel plaisir de faire découvrir à Idris ces routes que j'emprunte si souvent. Nous passons un long instant au monument érigé en mémoire du maquis de la Montagne Noire. Puis vient le temps de faire une pause aux bassins de Roudille qui restent un des coins les plus agréables du secteur. Monument Fontbruno 3 Monument Fontbruno 1 RoudilleLe ciel, bien que gris, n'est pas trop mal pour décider de s'engager sur la route qui mène au barrage de La Galaube. C'est la première fois que j'y roule, et la découverte est à l'image de ce que je m'imaginais: une route traversant les forêts et vraiment perdue. On croise régulièrement des stèles là aussi, tant les combats pendant la seconde guerre mondiale ont été nombreux ici. Route de la Galaube En descendant vers La Galaube Vers La GalaubeLa route forestière serpente, monte et descend au grès des petits monts, mais dans l'ensemble elle permet de bien rouler. J'y étais passé il y a de nombreuses années (je ne m'en souviens quasi plus), le barrage était alors en construction, mais aujourd'hui avec la densité de la végétation on ne distingue que très peu sur la fin la retenue d'eau. Nous bifurquons pour rentrer dans le village de La Galaube, mais l'accès ne semble pas très aisé pour remonter au niveau de l'eau, on préfère reprendre notre route. La Galaube bis La Galaube La Galaube ter Stèle la GalaubeLà également, la route reliant Arfons à travers bois, est une totale nouveauté pour moi. Je craignais de nous retrouver sur une piste en plus ou moins bon état comme il y en a un certain nombre dans la Montagne Noire, mais finalement c'est bien goudronné tout du long, et cette traversée est vraiment agréable. La fin offre même une vue imprenable sur Arfons. On retrouve la route de Saissac pour finir. Je retiens également le secteur pour y revenir à l'automne. Mine de rien la température monte, et il fait bon s'arrêter dans Arfons pour se rafraichir. Deux fontaines au moins y sont accessibles. Route La Galaube Arfons Arfons 1 Croisement Rte La Galaube SaissacAprès un moment de récupération bien appréciable, il ne nous reste plus à la sortie du village que la côte dite de Dourgne, mais finalement elle se montera bon train avec même une vue sur un sommet des Pyrénées ariégeoises au loin.

Fontaine Arfons Arfons 3 Arfons 2Croix de MontalricCroix de Montalric - "Les Hospitaliers qui créèrent le village d’Arfons (qui s’appelait alors Orfons), au XIIe siècle, avaient besoin de mains pour défricher la forêt. C’est pourquoi, reprenant le moyen employé par Romulus lors de la fondation de Rome, ils décidèrent d’attirer les gens qui avaient eu des problèmes avec la justice. Ils créèrent une sauveté, c’est-à-dire une terre d’asile où la justice des seigneurs avoisinants était suspendue. Les limites de cette sauveté du XIIe siècle sont encore visibles aujourd’hui dans la forêt, sous la forme de croix. La croix de Montalric sur la route de Dourgne en matérialisait la limite nord." (tiré de l'excellent blog Polymathe)

Vue sur la plaineLa descente sur Dourgne est toujours aussi exceptionnelle, avec une vue très dégagée sur toutes les plaines environnantes. Après un instant photo et une portion très gravillonnée de la route, on lâche enfin les freins pour une descente longue et bien marquée. Deux petits détours par l'abbaye d'En Calcat et Massaguel, village cher à mon coeur, viendront agrémenter cette fin de sortie. La chaleur devient plus étouffante sur ce dernier morceau, et un arrêt salvateur à Soual nous requinquera pour terminer les dix kilomètres restant tambour battant. 116 km et 2050 m de D+ de découverte de routes et coins qui valent vraiment le détour, et puis bien sûr la satisfaction d'avoir partagé ce si beau circuit avec le guide pyrénéen !    

3 réflexions au sujet de « Un Tour de la Montagne Noire »

  1. Idris

    Faudrait pas que tu programmes tout le temps des routes aussi jolies parce que l’appareil photo il va pas tenir le rythme !! :p
    ça a été une belle sortie !
    Bon allez, je vais continuer à essayer de mémoriser le nom du village mdr

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  2. Alex

    Joli petit parcours sympa pour découvrir la montagne noire !
    Est-ce que tu sais à quel moment il faut monter au pic de Nore pour avoir une jolie vue sur la partie sud / sud est ? car c’est souvent brouillé dans cette direction

    tu fais quand même le tableau de chasse des panoramas et autres paysages !! c’est déjà pas si mal
    il vous manque la vue sur les Pyrénées (la route entre les Cammazes et Sayssac en a un joli) – mais ça dépend de la météo.

    pour la Galaube : ca fait un moment que je n’y suis pas allé, le barrage était aussi en construction la dernière fois; je prenais la « RF » entre le Fontbruno et Arfons. La dernière montée à la sortie d’Arfons pique un peu en fin de parcours, après c’est « gagné » !

    encore 2 semaines, et je reviens rouler quelques jours dans le coin 🙂
    (si tu peux dire à la canicule et au vent d’Autan de prendre des vacances en août 😉 )

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    1. triman Auteur de l’article

      aaaah le bon moment pour la belle vue sur le sud…. dure question… je pense que pour être sûr il faut voir au printemps ou même l’automne, j’y avais passé une partie de l’aprem à contempler le panorama complètement dégagé au mois d’octobre. Les belles journées mais encore légèrement fraiches de ces périodes, sont les meilleures de ce que j’ai pu tester.
      Il faut tomber que l’air soit pur et en cette période de forte chaleur c’est assez compliqué tant des nuages de chaleur se forment vite. Ou alors il faut être là haut très tôt dans la journée avant que ça commence à chauffer.
      Là on repart pour de la grosse chaleur…

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